Montaigne : Hommages posthumes

Hommages posthumes

À la perte du premier connu, nous piquons à lui prêter des louanges nouvelles et fausses, et à le faire tout autre, quand nous l’avons perdu de vue, qu’il ne nous semblait être quand nous le voyions ; comme si le regret était une partie instructive ; ou que les larmes, en lavant notre entendement, l’éclaircissent. Je renonce dès à présent aux favorables témoignages qu’on me voudra donner, non parce que j’en serai digne, mais parce que je serai mort.

Livre III, « De la diversion », 880

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