Picasso selon Lévi-Strauss

C’est une oeuvre qui apporte moins un regard original qu’elle ne se livre à une sorte de trituration du code de la peinture. Une interprétation au second degré ; un admirable discours sur le discours pictural, beaucoup plus qu’un discours sur le monde.

[…]

Picasso a très bien traduit l’esprit profond de son époque, et si j’avais une réserve à faire, ce serait qu’il l’ait trop bien traduit, et que son oeuvre constitue un témoignage parmi d’autres de cette espèce d’emprisonnement que l’homme s’inflige chaque jour davantage au sein de sa propre humanité ; enfin, que Picasso ait contribué à resserrer cette espèce de monde clos où l’homme, en tête à tête avec ses oeuvres, s’imagine qu’il se suffit à soi-même. Une sorte de prison idéale. Et plutôt morne…

1966, « A propos d’une rétrospective »

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