Caton d’Utique
Qu’on me donne l’action la plus excellente et pure, je m’en vais y fournir vraisemblablement cinquante vicieuses intentions. […] Plutarque dit que, de son temps, certains attribuaient la cause de la mort du jeune Caton à la crainte qu’il avait eu de César ; de quoi il s’irrite avec raison ; et peut-on juger par là combien il se fût encore plus offensé de ceux qui l’ont attribuée à l’ambition. Sottes gens ! Il eût bien fait une belle action généreuse et juste, plutôt avec ignominie que pour la gloire. Ce personnage-là fut véritablement un modèle que nature choisit pour montrer jusques où l’humaine vertu et fermeté pouvaient atteindre.
Livre I, « Du jeune Caton », 235-236